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Le
brassage du lait écrémé pour obtenir le
petit lait et le beurre, se fait chez nous dans une citrouille
vidée, séchée fermée à l'aide
d'un bouchon en liège et recouverte d'une tresse en fine
corde qui sert aussi pour la suspendre à une poutre.
C'est une tâche exclusivement féminine. La femme
que l'on voit là tient sa baratte traditionnelle à
ses deux extrémités pour l'agiter et battre la
crème se trouvant à l'intérieur. De temps
à autre, après une série de mouvements
de va et vient, elle enlève le couvercle en liège
pour
voir si le délaitage est fini .Elle enlève d'abord
le beurre frais et verse ensuite le petit lait dans un grand
récipient en terre. Le petit lait est généralement
distribué aux voisins ainsi qu'à tous ceux qui,
de passage, éprouvent le besoin d'étancher leur
soif. Quant
au beurre, quand il n'est pas consommé frais, il est
salé et mis en réserve pour être vendu.
Cette scène est porteuse de marque d'aisance ; elle signifie
en effet que la famille possède une vache. |
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Dans
les villages connus pour leurs traditions artisanales, la
poterie est une activité réservée aux
femmes très habiles pour façonner avec dextérité
toutes sortes d'objets à l'aide d'une variété
d'argile mélangée à la silice.
Elles pétrissent patiemment puis façonnent avec
un sens particulier des proposions, préparent le four
pour la cuisson de leurs poteries : marmites ; keskes, pot,
cruche, plat, chandelier, jarre ; bref toutes sortes d'ustensiles
pouvant répondre à tous les besoins d'une famille.Dés qu'elles ont fini de sécher sous la cendre,
elles les retirent pour s'occuper de leur décoration
moyennant la reproduction de motifs traditionnellement perpétués
d'une génération de potières à l'autre - En plus de ses mains d'artiste talentueuse,
la femme kabyle a toujours su gérer son temps pour
aider sa famille à mieux vivre. |
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Les
femmes d'antan marchaient les pieds nus, hiver comme été.
Certaines d'entre elles vous racontent de manière poignante
ce qu'elles ont dû endurer pour aller chercher de l'eau
à la fontaine , avec une seule robe sur le corps et
les pieds nus.
La femme Kabyle devait apprendre à supporter la souffrance
sous peine de se voir montrée du doigt ou répudiée.
Celle que nous voyons là s'est assise à même
le sol pour enlever une épine. La scène est des
plus banales, la femme aux pieds nus ayant connu toutes sortes
de variétés d'épines ; les plus insupportables
sont celles du cactus ou de l'aubépine. Qu'elle ait enlevée
son épine ou non, cette femme est obligée de reprendre
le chemin du retour suivi de son mouton et la grande corbeille
sur le dos. |
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Ce
tableau fait partie des plus représentatifs des tâches
domestiques d'intérieur et relevant du domaine de la
femme. On la voit, dans son accoutrement traditionnel, assise
sur une peau de mouton et tournant la partie mobile du moulin
à bras. Elle moud ce dont elle a besoin pour faire le
couscous ou le bouillon ; orge, légumes secs. Elle a
à sa gauche un récipient contenant une quantité
de denrée à moudre, à sa droite un couffin
dans le quel elle verse au fur et à mesure ce qui est
moulu ; l'enfant qui dort la tête appuyée sur un
de ses genoux, ainsi que le chat lui tiennent compagnie, à
défaut d'un échange de paroles avec une personne
qui lui permette d'étancher sa soif de parler. La discussion
pour une femme, qui souffre
intérieurement, est une thérapie ; et dans le
silence il lui arrive de chanter. |
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Moissonneuses traditionnelles
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Le
tableau reproduit quelques vifs souvenirs de la campagne des
moissons, dans une région à fortes traditions
agricoles où le gros du travail est assuré par
les femmes. Elles y allaient armées de leurs faucilles
et surtout de leur savoir-faire accomplir un travail habituellement
réservé aux hommes. Mais peu importe ! Ces femmes
ne cherchent en réalité qu'un prétexte
pour se libérer de l'enfermement que le destin leur a
imposé. Toutes les tâches dont on les charge sont
accomplies avec soin, une manière pour elles de prendre
part aux difficultés de la vie et de respirer à
pleins poumons l'air vivifiant des champs. Chaque récolte,
campagne des moissons, fut pour elles une cure de remise en
forme. C'est
pourquoi elles y marquent leur présence en travaillant
de bon cœur et avec l'intention d'aider la famille à
un mieux être. |
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Le
mot berceuse signifie à la fois celle qui berce un
enfant, et la chanson lente, douce et rythmée qui sert
à endormir les enfants dans leur berceau.
Là , le berceau suspendu à une poutre est fait
de matériaux de fortune ; branches d'olivier, roseau,
planches. Bercer un enfant relève des obligations féminines.
On se moquerait d'un homme de qui on oserait dire qu'il a
bercé un bébé. Pendant que le mari s'adonne à des bavardages interminables
à la djemââ, la femme ,elle, a le devoir d'endormir
son bébé dans son berceau et de s'occuper aussi
des autres enfants qui ne cessent de s'agripper à elle,
tel celui que nous voyons, là, la tête appuyée
sur le genou de sa maman pour bénéficier de quelque
affection. Pour les tout petits, une mère ne se partage
pas. |
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Comme
le métier à tisser qui a dû être reconstitué
dans ses moindres détails, nous avons là tout
ce qui a pu servir au laboureur d'antan pour travailler la terre,
la retourner avec une charrue en bois, gauler les branches d'arbres
pour en faire tomber les fruits, battre les gerbes de blé
ou d'orge, soulever la paille à l'aide d'une fourche
en bois ; transporter le bois sur le dos d'une bête de
somme, sécher les figues sur les claies. Nous y voyons
tous ces outils accompagnés de leur nom d'origine. Chaque
pièce, ou outil agricole est artisanalement réalisé
à l'aide d'un instrument bien aiguisé qui taille
mieux dans le bois, le roseau ou la peau de bœuf. Les chaussures
basses, souples et avec lacets sont portées par le fellah
pour être très à l'aise dans son travail.
Très résistants,
les chaussures appelées mocassins, sont faits à
la main à partir d'un morceau de peau épaisse
d'animal. Quelle belle collection de pièces de musée
qui nous renvoie loin dans le passé ! |
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Père,
mère, gardiens du feu sacré, sont là
face à la cheminée pour assurer la continuité,
apprendre aux enfants qui les entourent, chaque soir, ce qu'eux
- mêmes ont appris au contact de leurs parents. Nous
sommes dans un intérieur de maison traditionnelle qui
se caractérise par la plus grande simplicité
: il n'y a ni chaise, ni table. Un bac en bois, une peau de
mouton, une marmite sur un trépied, une lampe à
pétrole sont les seuls objets que l'on possède
pour vivre. Les longues nuits d'hiver sont habituellement
mises à profit pour permettre aux parents la transmission
de la tradition. C'est ce qu'on a coutume d'appeler "
à l'école de la sagesse " ou " l'école
du coin de feu ", considérée par les aînés
comme étant la vraie école. |
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